Richard Martineau

Posted: March 26, 2011 in Je pense

Attention, cette chronique contient un juron

Quand j’ai lu Dany Bouchard hier, j’ai dû demander à ma blonde de me pincer pour être sûr que je ne rêvais pas.

À la demande de la ministre Christine Saint-Pierre, la Régie du cinéma étudie la possibilité de signaler les scènes de suicide dans les films projetés au Québec.

On pourra donc voir les avertissements « Attention, ce film contient des scènes à caractère sexuelle », « Attention, ce film contient des scènes violentes » et… « Attention, ce film contient une scène de suicide » !

PRINCIPE DE PRÉCAUTION

Pourquoi s’arrêter là ? Tant qu’à « avertir » les gens, allons-y jusqu’au bout !

« Attention, ce film montre un homme qui mange de la viande »

« Attention, ce film montre des gens en train de fumer »

« Attention, ce film montre une automobile roulant à une vitesse excessive »

« Attention, ce film montre un homme qui vole dans les airs grâce à une cape magique. N’essayez pas ça à la maison : cette scène ne reflète pas la réalité, elle a été rendue possible grâce à des effets spéciaux. »

Cibole !

Jusqu’où va-t-on pousser cette logique maternante ?

UN MONDE IMMACULÉ

On interdit une toune de Dire Straits parce qu’elle contient le mot « faggot ». On retire un album de Tintin des rayons car le texte reflète un esprit colonialiste. On réécrit un classique de Mark Twain pour y faire disparaître le mot « nigger ». On efface une pipe sur des affiches de Jacques Tati. On milite pour que le cinéma ne montre plus des gens en train de fumer.

Et après ça, on se demande pourquoi nos enfants sont fascinés par la violence, la porno hard, le gangster rap et les sports extrêmes.

Duh !

Le monde est rendu tellement aseptisé qu’on a envie de se rouler dans la boue et de manger de l’engrais.

LES CITOYENS BÉBÉS

On parle beaucoup du principe de précaution, ces temps-ci.

Mais le principe de précaution ne s’applique pas seulement qu’aux projets risquant de menacer l’environnement. Il s’applique à chaque aspect de notre vie.

Bientôt, si ça continue, on va nous dire de ne pas faire d’enfant car la vie est une maladie mortelle !

Comme l’écrit fort justement l’avocat français Mathieu Laine dans son livre jubilatoire La Grande Nurserie :

« Nos pays ressemblent à de grandes nurseries, doucement bercés par le culte de l’assistance et le refus du risque.

« Ce système conduit la majorité des hommes politiques à poursuivre le projet fou de nous réunir dans un immense parc à enfants, un petit monde douillet à l’abri des dangers, doté de gros barreaux afin que les bébés-citoyens évoluent dans leur despace de liberté sans échapper au contrôle bienveillant de leur Big babysitters. »

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